La Croix – Au Cameroun, Michel Thierry Atangana sur le point d’être libéré

Atangana La CroixEmprisonné depuis dix-sept ans pour des malversations, ce Franco-camerounais devrait profiter d’un décret présidentiel prévoyant des remises de peine collectives.

Après dix-sept ans d’emprisonnement dans une cellule du sous-sol du secrétariat d’État à la défense camerounaise, le Franco-camerounais Michel Thierry Atangana pourrait être enfin libéré.

À l’origine de cette bonne nouvelle, le décret signé par le président Paul Biya dans lequel ce dernier annonce « une remise totale de la peine à purger » pour les personnes condamnées « pour détournement de fonds publics » et dont le séjour en prison est « supérieur à dix ans ».

Alors qu’il présidait depuis 1994 le comité de pilotage de la restructuration du réseau routier camerounais, Michel Thierry Atangana avait été condamné en octobre 1997 à quinze ans de prison pour des détournements de fonds publics – qu’il a toujours niés. À la surprise de tous, alors qu’il allait achever sa peine de prison, la justice camerounaise l’avait condamné à vingt ans de détention supplémentaire en octobre 2012 pour une autre affaire de détournement de fonds publics, toujours pour la même fonction.

« DOUBLE PEINE »

« Cette double peine était des plus choquantes selon les standards du droit européen. Juger une personne pour des faits semblables à plus de quinze ans d’intervalle et alors qu’il est sur le point d’achever sa première peine de prison, n’était pas banal… », constate son avocat, Maître Rémi Barousse.

Un avis partagé par François Hollande qui, en mai 2013, jugeait« inadmissible » la durée de détention de Michel Thierry Atangana. En novembre de la même année, le Haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU dénonçait « les conditions inhumaines » de détention de ce prisonnier et réclamait une « indemnisation » pour le préjudice subi.

UNE AFFAIRE À L’ACCENT POLITIQUE

D’autant que cette affaire a un accent politique. Les ennuis judiciaires de Michel Thierry Atangana datent de la campagne présidentielle de 1997, après l’annonce par Titus Edzoa, l’un des proches collaborateurs de Paul Biya, qu’il serait candidat et que Michel Thierry Atangana serait son directeur de campagne. Les deux hommes furent alors été arrêtés, jugés pour détournement de fonds et condamnés à de la prison ferme.

« Avec la signature de ce décret présidentiel, j’ai bon espoir de voir Michel Thierry Atangana bientôt libre, estime Rémi Barousse. En principe, un tel décret a effet immédiat. Au Cameroun, cela peut prendre quelques jours, voire quelques semaines. » Le décret devrait en principe concerner aussi Titus Edzoa.

 

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