Cameroun : le Français Atangana libéré après 17 ans de prison

Atangana Le MondeLe Français Michel Thierry Atangana, détenu depuis 1997 au Cameroun pour une affaire de détournement de fonds publics qu’il niait, a été libéré lundi 24 février à Yaoundé, après un décret présidentiel de remises de peine. Michel Atangana a été « libéré nuitamment », a déclaré son avocat, Charles Tchoungang, devant la résidence de l’ambassadrice de France au Cameroun, où l’homme a été conduit après sa sortie de prison.

Un décret du président camerounais, Paul Biya, en date du 18 février, prévoyait des remises de peines collectives, dont celle de M. Atangana. Ce décret « ordonne une remise totale de la peine restant à purger » pour les personnes condamnées pour détournement de fonds publics et « dont la détention a été supérieure à dix ans ».

Détenu depuis 1997, M. Atangana, Français d’origine camerounaise de 48 ans, a été condamné à nouveau en 2012 à vingt ans de prison au Cameroun. Une situation ubuesque pour sesavocats, qui dénonçaient deux condamnations pour les mêmes faits. En mai 2013, le président François Hollande avait jugé « inadmissible » la durée de détention de M. Atangana.

UNE DURÉE DE DÉTENTION « INADMISSIBLE »

Michel Thierry Atangana avait été condamné une première fois avec un ancien proche du président camerounais Paul Biya, Titus Edzoa, pour le détournement de 1,1 milliard de francs CFA (1,6 million d’euros) et la tentative de détournement de 59,4 milliards de francs CFA (90 millions d’euros).

M. Edzoa, qui niait lui aussi les faits, aurait également été libéré lundi soir. Ancien secrétaire général à la présidence camerounaise, l’un des personnages les plus puissants du régime de Paul Biya à la fin des années 80, Titus Edzoa avait brusquement démissionné en avril 1997, annonçant dans la foulée sa candidature à la présidence, avant d’être arrêté quelques jours plus tard.

Présenté comme un proche de M. Edzoa, M. Atangana avait été envoyé au Cameroun en 1994 par son employeur pour des projets routiers. La présidence camerounaise lui avait confié la direction d’une structure de travaux publics, avant qu’il ne soit poursuivi. 

A la tête du Cameroun depuis 1982, Paul Biya a reçu des remerciements appuyés de Paris pour son implication dans la libération récente du prêtre français Georges Vandenbeusch, aux mains du groupe islamiste armé nigérian Boko Haram. Ce fut déjà le cas en avril, après la libération des sept otages, dont quatre enfants, de la famille Moulin-Fournier, eux aussi enlevés par Boko Haram.

 

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