Slide 3Voilà mon histoire. En 1994, j’ai 30 ans et je suis ingénieur financier lorsque je pars à Yaoundé, en tant qu’expatrié. Je viens d’être nommé par le Président Paul Biya en tant qu’expert français pour piloter un grand projet de construction d’infrastructures routières. Des voies de transport dont le pays avait besoin pour son développement. 

En 1997, je suis arrêté et dépouillé de l’ensemble de mes biens. Je suis accusé, à tort, de soutenir un opposant à Paul Biya, Titus Edzoa, en vue de l’élection présidentielle, qui a lieu la même année. 

 

Quinze ans avant qu’un responsable français ne lui rende visite

 

En 2005, j’ai une première lueur d’espoir quand le statut de « prisonnier politique » m’est reconnu par le Département d’Etat américain. A compter de cette date, le Département d’Etat américain dénonce ma situation chaque année, dans son rapport annuel. 

En 2013, c’est au tour d’Amnesty International de me reconnaître le statut de « prisonnier d’opinion », et de se mobilier, aux côtés d’autres ONGs, comme Freedom House ou la Fondation Robert F. Kennedy.  

L’opinion internationale se mobilise. Et par une décision en date du 13 novembre 2013, l’ONU condamne le caractère arbitraire de ma détention. Elle exige ma libération immédiate. Je suis finalement libéré le 24 février 2014. 

Le 28 mars 2014, je suis reçu par le Président de la République Française, François Hollande, qui m’assure de son soutien. 

Je suis libre, mais je ne suis pas réhabilité. Aux yeux de la justice, je suis toujours coupable. Tous mes biens demeurent confisqués. Et mes avoirs bancaires sont gelés. 

L’ONU a posé deux autres conditions dans sa décision : que des sanctions soient prises à l’encontre de mes bourreaux, et qu’une indemnisation soit réalisé. Aucune de ces conditions n’a été remplie. 

Dans mon combat, je suis soutenu par de très nombreuses personnalités et organisations, que je remercie tous les jours et qui m’aident au quotidien, dont :

Cellule

  • Pierre Aidenbaum, Maire du 3ème arrondissement de Paris,

  • William Bourdon, Avocat,

  • M.Olivier Falorni, Député,

  • Freedom House,

  • Mme Kerry Kennedy, de la fondation Robert F.Kennedy Human Rights,

  • Miguel Loinaz, Président de l’Union Internationale des Avocats,

  • Aboubacry Mbodj, Secrétaire Général de la RADDHO.

Aujourd’hui, je vis en France, où je tente de reprendre le fil de mon existence.

Ma seule et unique demande est que soit appliquée la décision de l’ONU. Seule ma libération est intervenue. Je demande désormais que des sanctions soient prises contre les auteurs de cette injustice. Et qu’une Indemnisation me soit versée, à la hauteur des années qui m’ont été volées.

Je suis Français et j’ai passé 17 ans enfermé dans une cellule de 7m2 sans fenêtre, dans les caves du Secrétariat d’Etat à la Défense du Cameroun. Pendant 5 ans, j’ai été placé à l’isolement total. J’ai dû attendre 15 ans avant qu’un officiel Français me rende visite pour la première fois. 15 longues années, pendant lesquelles je n’ai jamais perdu espoir. 

Michel Atangana avec Francois Hollande

 

“On m’a tout volé, témoigne Michel Thierry Atangana. Ma vie, ma famille, mes biens. Mais il me reste la justice. Et j’irai jusqu’au bout pour que justice soit faite.”

 
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CHRONOLOGIE DES ÉVÉNEMENTS

8 Juillet 1994

Je suis nommé à la tête du Comité de pilotage et de suivi des axes routiers, par le Président de la République du Cameroun, Paul Biya. Financé par des fonds privés, il devait servir à construire des infrastructures de transport dont le Cameroun avait besoin et a toujours besoin à ce jour.

12 mai 1997

Je suis arrêté puis détenu par la police judiciaire à Yaoundé. Je passe 56 jours en garde à vue dans une cave du Secrétariat d’Etat à la Défense, à l’isolement, où je reste jusqu’a sa libération en 2014.

3 juillet 1997

Je suis condamné à 15 ans d’emprisonnement.

2005

Le statut de «prisonnier politique» m’est reconnu par le Département d’Etat américain.

23 octobre 2008

Une ordonnance de non-lieu est prononcée par le juge d’instruction du tribunal de Mfoundi annulant toutes les charges à mon encontre.

25 janvier 2013

Le statut de «prisonnier d’opinion» m’est reconnu par Amnesty International.

13 novembre 2013

Publication de l’avis N°38/2013 du Groupe de Travail sur la Détention Arbitraire de l’ONU déclarant officiellement le caractère arbitraire de ma détention et demandant: Libération, Sanctions et Indemnisation.

24 février 2014

Je suis libéré.